20 avril 2022

Magazine Notre Temps

Magazine Notre Temps

Pour vivre sans toxiques, adoptons les bons réflexes. Alimentation, beauté, logement, habillement... Des centaines de molécules auxquelles nous sommes quotidiennement exposés perturbent notre système endocrinien. ils favorisent les cancers, le diabète, la maladie de Parkinson ou encore les allergies. Un article d'Isabelle Verbaere à lire dans le magazine Notre Temps de mai 2022.

Clod illustration magazine Notre Temps 629 / mai 2022, perturbateurs endocriniens

Clod illustration magazine Notre Temps 629 / mai 2022, perturbateurs endocriniens

 

 

Clod illustration magazine Notre Temps 629 / mai 2022, perturbateurs endocriniens

 

Clod illustration magazine Notre Temps 629 / mai 2022, perturbateurs endocriniens

Clod illustration magazine Notre Temps 629 / mai 2022, perturbateurs endocriniens

Clod illustration magazine Notre Temps 629 / mai 2022, perturbateurs endocriniens

20 avril 2022

Bande démo Clod

Un petit aperçu de mon univers illustré

Je vous le dis : rien ne se fera sans une belle dose de BONNE HUMEUR ! Et je peux vous aider pour ça.

2 février 2022

Mutualité Française

Mutualité Française : repères sur les addictions comportementales

Les addictions comportementales ou « addictions sans substance » se caractérisent par l’impossibilité de contrôler la pratique d’une activité. Une sensation de tension croissante se met en place avant de passer à l’acte et au moment de la pratique, la personne ressent un plaisir ou un soulagement. La Mutualité Française sensibilise ses adhérents avec un quiz illustré permettant de prendre conscience des addictions comportementales. 

Clod illustration Mutualité Française, repères sur les addictions comportementales

Clod illustration Mutualité Française, repères sur les addictions comportementales

Clod illustration Mutualité Française, repères sur les addictions comportementales

Clod illustration Mutualité Française, repères sur les addictions comportementales

Clod illustration Mutualité Française, repères sur les addictions comportementales

Clod illustration Mutualité Française, repères sur les addictions comportementales

Clod illustration Mutualité Française, repères sur les addictions comportementales

25 janvier 2022

Fédération Française de Cardiologie

Fédération Française de Cardiologie

Depuis bientôt 60 ans, la Fédération Française de Cardiologie, nous informe et nous accompagne pour prendre soin de nos coeurs à tous les âges de la vie. Pour 2022, la Fédération Française de Cardiologie nous encourage à oser agir pour la santé de notre coeur et de celui de nos proches A chacun et chacune de faire selon ses envies et ses possibilités. Cette année la FFC choisit l'illustration pour sa carte de voeux. En collaboration avec l'agence Brief.

Clod illustration voeux 2022 de Fédération Française de Cardiologie

Clod illustration voeux 2022 de Fédération Française de Cardiologie

Clod illustration voeux 2022 de Fédération Française de Cardiologie

16 décembre 2021

Magazine Viva

Viva - Le magazine de ma mutuelle

Dans ce supplément, proposé par la rédaction de Viva, découvrez toutes les astuces et les réflexes de prévention à adopter au quotidien pour une hygiène bucco-dentaire irréprochable et une santé dentaire parfaite. Un guide illustré pour toute la famille.

Clod illustration Viva, guide "Je prends soin de mes dents" - Numéro 328 décembre 2021

Clod illustration Viva, guide "Je prends soin de mes dents" - Numéro 328 décembre 2021

Clod illustration Viva, guide "Je prends soin de mes dents" - Numéro 328 décembre 2021

Clod illustration Viva, guide "Je prends soin de mes dents" - Numéro 328 décembre 2021

9 août 2021

La Croix l’Hebdo

La Croix L'hebdo

Les confinements successifs nous auront presque fait perdre le goût du voyage. La Croix l’Hebdo de cette semaine est là pour nous rappeler son importance. Embarquement pour une traversée littéraire avec un tour du monde en 80 livres... le tout, joyeusement illustré.

Clod illustration magazine La Croix l'Hebdo : le tour du monde en 80 livres

Clod illustration magazine La Croix l'Hebdo : le tour du monde en 80 livres

2 juillet 2021

Ouest-France

Ouest-France - Les vols de vélos

Face à un marché du vélo neuf en tension, la vente d’occasion ne faiblit pas et dans son sillage, les vols. Entre 400 et 500 000 biclous sont dérobés chaque année. Ouest-France consacre une série d'articles sur ce fléau qui pourrit la vie des amateurs de la petite reine.

Clod illustration Ouest-France vols de vélos


Cinq conseils pour éviter de se faire voler son vélo

Clod illustration Ouest-France vols de vélos


Traquer les annonces sur Le Bon Coin, faire appel à la police : que faire si votre vélo a été volé ?

Clod illustration Ouest-France vols de vélos


TÉMOIGNAGES. « J’ai pris rendez-vous avec mon voleur » : comment ils ont retrouvé leur vélo dérobé

Clod illustration Ouest-France vols de vélos

 

4 juin 2021

Office National des Forêts

Raconte-moi la forêt

Les forestiers aiment la forêt et veulent vous le dire ! Alors, avec eux, parcourez la page du site internet de l'ONF spéciale qui décrypte nos forêts françaises et leurs richesses naturelles. Abécédaire des forêts, podcasts, tutos, portraits de forêts, vidéos… Ces contenus pédagogiques dévoilent aussi les grands secrets de la gestion durable des forêts, un des grands enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique : comment récolter du bois en préservant au mieux la biodiversité et en permettant à tous d’en profiter ? Pour illustrer son propos, l'Office National des Forêts choisit l'illustration.

Clod animation raconte-moi la forêt pour le site de l'Office National des Forêts

Clod animation raconte-moi la forêt pour le site de l'Office National des Forêts Clod animation raconte-moi la forêt pour le site de l'Office National des Forêts Clod animation raconte-moi la forêt pour le site de l'Office National des Forêts

Crédit animation : Digicomstory / ONF

25 mai 2021

Archipel Habitat Rennes

Archipel Habitat Rennes

Dans le cadre de son projet stratégique 2021-2026, Archipel Habitat (l'OPH de Rennes) édite une belle brochure illustrée. Ce projet a été réalisé en collaboration avec l'agence nantaise Liner Communication.

Clod illustration Projet Stratégique OPH Archipel Habitatt Rennes

Clod illustration Projet Stratégique OPH Archipel Habitatt Rennes

Clod illustration Projet Stratégique OPH Archipel Habitatt Rennes

1 avril 2021

Ouest-France

Ouest-France

Ils ont choisi de vire sans voiture : ils témoignent

Par souci d’économie, gain de temps, ou conviction écolo, ils ont fait le choix de se passer d’auto. Quitte à redessiner leur vie : emménager plus près du travail, repenser leurs déplacements, leurs modes de consommation. Conscients que ce choix n’est pas à la portée de tous, ils racontent comment ils se sont organisés. Une série de 10 portraits illustrés pour Ouest-France.

Clod illustration Ouest-France ils ont choisi de vivre sans voiture

«Dès qu’on n’est pas à Paris, on se dit que c’est dur» : vivre sans voiture, la galère ?

Clod illustration Ouest-France ils ont choisi de vivre sans voiture

«Avant j’étais l’archétype de la pro automobile» : Natacha, partie à la maternité à vélo.

Clod illustration Ouest-France ils ont choisi de vivre sans voiture

« Je n’ai jamais eu de maison » : Albine, installée en ville pour se passer de voiture.

Clod illustration Ouest-France ils ont choisi de vivre sans voiture

« À vélo, avec ma fille, on discute » : Cyril a troqué sa voiture familiale pour le deux-roues.

Clod illustration Ouest-France ils ont choisi de vivre sans voiture

« La voiture est une perte de temps en ville » : Isabelle a converti ses enfants au vélo.

Clod illustration Ouest-France ils ont choisi de vivre sans voiture

« Papi me prendrait pour un fou » : Jean-Charles a converti son entreprise au vélo.

Clod illustration Ouest-France ils ont choisi de vivre sans voiture

« Ce serait une régression d’acheter une voiture » : Edwige songe à la coloc automobile.

Clod illustration Ouest-France ils ont choisi de vivre sans voiture

« Mes trajets ne sont jamais monotones » : Alexis soigne son dos à vélo

Clod illustration Ouest-France ils ont choisi de vivre sans voiture

« La liberté, je la retrouve à vélo » : Mila, ex-passionnée de voitures devenue cycliste

Clod illustration Ouest-France ils ont choisi de vivre sans voiture

«La voiture est tant intégrée dans nos vies, pourquoi ?» Alexandre, à vélo à la campagne

23 février 2021

Journée Internationale des Forêts 2021 avec l’ONF

Journée Internationale des Forêts avec l'ONF

A l'occasion de la Journée internationale des forêts, célébrée par l’ONU dimanche 21 mars 2021, la forêt s'invite chez vous avec l’Office national des forêts (ONF). Au programme toute la semaine : près de 85 sorties nature en région et une programmation exclusive sur onf.fr et nos réseaux sociaux. La forêt s'invite chez vous ! Sorties nature, jeux de piste, conférence, méditations, yoga… L'occasion aussi de réaliser une belle affiche illustrée.

Clod illustration ONF Journée Internationale des Forêts

 

Clod illustration Journée Internationale des Forêts pour l'ONF

27 novembre 2020

Magazine Panorama

Magazine Panorama

Le magazine Panorama m'a offert une pleine page mensuelle intitulée Les Petits Vélos de Clod, où je me suis exprimé librement pendant un an et demi sur le thème du vélo. Seule contrainte, l'illustration devait correspondre au mois en cours. 

Clod illustration les Petits Vélos de Clod, Panorama novembre 2020

Les Petits Vélos de Clod pour le magazine Panorama

Les Petits Vélos de Clod pour le magazine Panorama

Illustration pour le magazine Panorama

Clod illustration pour le magazine Panorama

Clod illustration pour le magazine Panorama

Les Petits vélos de Clod, illustration pour le magazine Panorama

Clod illustration Les Petits Vélos de Clod magazine Panorama novembre 2019

Les petits vélos de Clod, magazine Panorama

Clod illustration Les petits vélos de Clod pour le magazine panorama

 

3 septembre 2020

UNICEF

UNICEF

La 5ème édition de la Consultation nationale des 6/18 ans organisée par UNICEF France aura lieu du 15 octobre 2020 au 1er mars 2021 ! Les enfants et les jeunes pourront s’exprimer sur les sujets qui les concernent : vie quotidienne, loisirs, santé, sécurité… Pour cette nouvelle édition, UNICEF a choisi de communiquer avec de belles affiches illustrées. Ce projet a été menée en collaboration avec l'agence Citizen Press.

Animation réalisée par l'agence Citizen Press

25 juin 2020

Amundi

Amundi

Après le déconfinement, la reprise. Amundi fait le choix de l'illustration pour souhaiter la bienvenue aux salariés de l'entreprise qui réintègrent leurs locaux. Kakémonos, dépliants, affiches et stickers permettront une reprise détendue dans les meilleurs conditions sanitaires.

Illustration déconfinement pour Amundi

Illustration déconfinement pour Amundi

Illustration déconfinement pour Amundi

24 juin 2020

La Croix l’Hebdo

La Croix l'Hebdo

La Croix L’Hebdo s’interroge sur demain. Ce fameux « monde d’après » rêvé par nos vies confinées. Le monde d’après est-il forcément un nouveau monde ? Et à quoi ressemblera-t-il ? On parle de réchauffement climatique sans condamner à l’effondrement mais sans fermer les yeux.

Illustration "des idées pour agir" pour le magazine La Croix l'Hebdo

Illustration "des idées pour agir" pour le magazine La Croix l'Hebdo

Illustration "des idées pour agir" pour le magazine La Croix l'Hebdo

 

 

18 mars 2020

Le Parisien : Clod illustre nos faits divers

Direction Artistique : PHIL2FER GRAFIC | Résumé des articles : SÉBASTIEN RAMNOUX | Illustrations : CLOD

CLOD ILLUSTRE NOS FAIT DIVERS est une exposition qui s'est déroulée du 9 mars au 6 avril 2020 dans les locaux du PARISIEN au 10 boulevard de Grenelle à Paris dans le 15ème arrondissement. Cette exposition retrace trois ans de collaboration entre Le PARISIEN et l'illustrateur Clod. Composée de 14 faits divers savamment choisis, l'exposition décrit la façon dont Clod a procédé pour parvenir à illustrer ces sujets, parfois très sensibles.

 


Prisonniers de leur amour

PAR TIMOTHÉE BOUTRY | 07 NOVEMBRE 2016

C’est l’histoire d’un amour impossible, celui d’un gardien de prison et d’une détenue, placée derrière les barreaux pour avoir poignardé et égorgé un homme. Crime qui lui a valu une peine de 23 ans de prison. Une liaison maudite puisque strictement proscrite par le règlement intérieur des prisons. Mais la passion est plus forte que tout et derrière les barreaux elle s’épanouira au point de donner naissance à un enfant. S’ensuit un parcours du combattant pour les deux amoureux : l’administration pénitentiaire a refusé au père d’assister à la naissance du bébé. Et la justice refusera une libération anticipée à la mère. Pourtant le gardien a tout sacrifié pour vivre sa nouvelle vie, quittant son foyer, jusqu’à démissionner de son poste. « La société se venge car elle n’accepte pas cette relation » regrette-t-il.Clod expose au ParisienLe regard de Clod - UN PEU DE PRÉVERT DANS UN MONDE DE BRUTES

Ma première préoccupation a été de trouver le meilleur symbole représentant une prison : une cage. À partir de l’idée « cage » et du champ lexical associé à ce mot, tout s’est mis en place : la cage, l’oiseau, l’emprisonnement... Je voulais qu’il se dégage de cette illustration une certaine forme de poésie, en raison de la dimension romantique de ce fait divers. La femme, petite et vulnérable, que l’on ne peut s’empêcher de voir comme un oiseau prisonnier remplit cette fonction poétique. Le gardien de prison sort de son rôle habituel, il tient la cage contre sa poitrine et semble en même temps protéger de ses mains la frêle femme emprisonnée dans la cage. Les couleurs froides, correspondant à l’univers carcéral, sont contrebalancées par une petite touche de rouge qui attire l’œil et qui est volontairement placée comme un cœur au milieu de la poitrine du gardien de prison. Le mur de brique qui barre l’horizon est un symbole évident du mur d’enfermement. Il subsiste néanmoins une lueur d’espoir touchant la prisonnière sous la forme d’un halo de lumière venant de l’extérieur de la prison.

 


Soupçon de viols dans une famille d’accueil

PAR STÉPHANE SELLAMI | 14 MARS 2017

Pour ces enfants, cette famille devait être un havre de paix, la promesse de vivre enfin dans un foyer normal, à l’abri des turpitudes du monde. Placés par l’aide sociale à l’enfance de Seine-et-Marne, ils ont déjà beaucoup enduré, victimes de violences ou d’abus dans leurs familles. Mais le nouveau foyer va se transformer en cauchemar. L’enquête menée en 2017 par les policiers du département suite à une dénonciation va aboutir à des poursuites contre le père de la famille d’accueil, pour viols et agressions sexuelles sur plus d’une dizaine de mineurs accueil- lis au fil des ans. La mère est mise en cause pour n’avoir pas dénoncé ces crimes. Comme souvent dans ces cas-là, des travailleurs sociaux avaient signalé le comportement suspect de l’homme bien avant l’enquête judiciaire. En vain.

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - UN CONTE CRUEL

Il y a quelques astuces quand on recherche des idées en tant qu’illustrateur : la métaphore, les champs lexicaux, les proverbes ou encore les citations célèbres. La référence aux contes fait partie des outils que l’illustrateur peut utiliser. Depuis le livre La psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim, on le sait que ces histoires, très souvent cruelles, sont à connotations sexuelles. Cette idée s’est imposée à moi, à la lecture de ce fait divers. Raconter graphiquement cette histoire terrible de viols sur enfants avec les codes du conte pour enfant, en l’occurrence : Le Petit Poucet. Sur cette illustration, l’ogre occupe la place centrale. Il se fond comme un caméléon dans le papier peint de la chambre pour mieux surprendre ses proies. Il sue à grosses gouttes et ses énormes mains, d’un rouge obscène, vont s’abattre sur le Petit Poucet et ses frères et ses sœurs. Derrière l’homme, au seuil de la porte, la femme tout en ombre ne loupe rien de ce qui se trame dans la chambre mais se tourne pour mieux se cacher à elle-même la vérité. Le papier peint d’une autre époque ajoute de la tristesse et nous laisse croire qu’il s’agit là de mœurs d’un autre temps. Hélas, il n’en est rien.

 


Saint-Tropez : et l’escroc photographia BB

PAR NICOLAS JACQUARD | 17 MARS 2017

Tout le monde le sait à Saint-Tropez, La Madrague est le refuge inexpugnable de la star des stars. Brigitte Bardot, y vit à l’abri des regards. Combien de paparazzis, de reporters en herbe ou de fans se sont cassés les dents et les zooms sur l’espoir d’un cliché ? Alors quand un inconnu au profil intrigant démarche les magazines people avec, sur une simple clé USB, 45 images et 15 vidéos, personne ne mord. Bien leur en a pris. L’homme est en cavale, alors qu’il devrait purger une peine aux Baumettes à Marseille pour escroquerie. Non dénué de talent, il a réussi à pénétrer l’antre de la star en jouant de ses compétences de serrurier. C’est là qu’il a dérobé les clichés. Interpellé par hasard pour une autre histoire d’escroquerie à Paris, il a été repéré dans le Ve arrondissement de la capitale alors qu’il se faisait passer pour... le fils de BB. Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - INITIAL BB

Dans le domaine de l’illustration la caricature est un art difficile à maîtriser et pour tout dire, ce n’est pas mon exercice préféré. Quand j’ai reçu le texte de ce fait divers, j’ai été partagé entre l’enthousiasme de devoir illustrer une histoire cocasse et la crainte de ne pas arriver à représenter Brigitte Bardot. Après réflexion, j’ai pensé qu’on pouvait facilement l’évoquer par des symboles. Elle est d’abord des initiales (Initials BB de Gainsbourg). Elle représente ensuite toute une époque (les années 50-60) et la mode de ces années-là (le motif Vichy). Enfin, quand je pense à BB, je vois son visage d’aujourd’hui ; cette bouche aux lèvres pulpeuses surmontées de grands yeux, le tout coiffé d’une tignasse blonde sauvage un brin démodé. Vous mélangez toutes ces représentations et vous obtenez la structure de l’illustration. Peu importe, finalement, que l’on reconnaisse ou non les traits physiques du modèle. Un serrurier s’y connaît en serrure. Il lorgne à travers le trou d’une serrure trop grand pour lui, façon de dire que BB était un trop « gros morceau ». Inévitablement il se fait repérer en train de la photographier. Le rose bonbon de BB s’oppose au vert métallique du serrurier malsain.

 


Dans la tête des djihadistes

PAR PASCALE ÉGRÉ | 3 SEPTEMBRE 2017

Percer l’insondable figure du mal. Chercher à comprendre pour- quoi un jour des jeunes gens, souvent nés ici, se mettent à nourrir une haine telle contre leur pays qu’ils en viennent au meurtre ou à l’assassinat de masse. C’est le défi que se sont lancés des chercheurs en auscultant en détail les paroles et les motivations de 13 hommes condamnés pour terrorisme. Un travail précieux qui bat en brèche de nombreux préjugés, pour expliquer que le phénomène de radicalisation et le passage à l’acte sont toujours le produit de nombreux facteurs. « L’adoption progressive et évolutive d’une pensée rigide, vérité absolue et non négociable, dont la logique structure le monde » est le cadre de cette radicalisation selon les auteurs. Parmi ces facteurs, on trouve souvent des familles déstructurées, une recherche de repères, l’identification à une cause plus grande que sa propre existence. Une manière de trouver un sens à sa vie.Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - LE WORLD TRADE CENTER EN TÊTE

Bien souvent on se perd en conjectures quand il s’agit d’expliquer le phénomène de radicalisation, tant le problème se relève complexe. J’ai tout de suite cherché à rebondir sur le titre de l’article en tentant d’illustrer ce que contient la tête des djihadistes. Mais, que contiennent-elles justement ? Un cerveau malade ? Du vide ? De la haine ? Que représenter ? La première idée qui m’a semblé valable a été celle d’une tête qui se transforme en quelque chose de noir, comme la fumée d’une explosion. J’avais en tête l’image des tours du World Trade Center desquelles s’échappe cette terrible fumée noire. L’esquisse réalisée montrait bien l’aspect violent, mais je trouvais qu’il manquait la notion de complexité et d’incompréhension du phénomène. En outre, la masse noire de la fumée donnait au personnage une drôle d’apparence, avec une coupe de cheveux façon afro. La notion de complexité m’est venue de l’image d’un cerveau qui s’apparente un peu à un labyrinthe. La flèche en guise de nez nous indique l’accès au cerveau, la suite n’est qu’un dédale. Pour le reste, j’ai fait appel aux codes imagés du djihadiste : le fusil d’assaut, le pick-up, le drapeau noir et le sabre. Le tout dans un champ de ruines, couleur sable qui suggère, à la fois la guerre et le Moyen Orient.

 


Les cités, nouvel eldorado des proxénètes

PAR JULIEN CONSTANT | 24 NOVEMBRE 2017

En 2017, un phénomène inédit inquiète policiers et services sociaux. À plusieurs reprises à Paris, dans le Nord ou à Marseille, les services d’enquête sont tombés sur des jeunes filles mineures forcées de se prostituer par des petits délinquants de cités. « Nous sommes passés de quelques cas en 2014 à 21 affaires en 2015 puis 48 en 2016 » s’alarme le patron de l’office central de répression de la traite des êtres humains. L’explication est aussi cynique que cruelle : comme de vrais businessmen dépourvus de tout scrupule, les délinquants ont réorienté leurs activités. Le trafic de stupéfiants, dangereux et complexe, a peu à peu été remplacé par la prostitution. Ciblant des jeunes filles déscolarisées ou en rupture familiale, ces nouveaux proxénètes violents et sans pitié en retirent des revenus immédiats et considérables. 

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - ARTS PREMIERS DANS LA CITÉ

Il m’a semblé difficile d’illustrer un article sur la prostitution sans montrer la prostitution en tant que telle. Dans cette illustration tout repose sur la représentation de la femme victime. Je voulais surtout éviter les clichés habituels qui surgissent lorsque l’on dessine, filme ou photographie les prostituées. L’idée graphique m’est venue en feuilletant un de mes carnets de croquis dans lequel j’avais esquissé une série de statuettes africaines au Musée du Quai Branly. Comme sculptée grossièrement dans un bois sombre, la femme nue est allongée dans une position lascive qui suggère un rapport avec le sexe. Le visage inexpressif et son apparence de statue la relèguent au rang de femme-objet. Entre ses jambes légèrement écartées circulent de petites silhouettes masculines, guidées vers l’entrejambe de la femme. Il n’y a pas plus d’ambiguïté. Mais ce sont les yeux des deux personnages cachés derrière les immeubles de la cité qui attire finalement l’attention. On comprend que l’un surveille et que l’autre organise la prostitution. Écrasée sous le poids et de la présence des proxénètes, la femme, que la lumière des réverbères n’atteint pas, reste définitivement figée comme morte sur un lit de billets de banque. Les couleurs froides et les textures râpeuses des immeubles ajoutent de la tristesse à la noirceur de la situation.

 


Trahi par son réseau social

PAR BARTOLOMÉ SIMON | 02 DÉCEMBRE 2017

Avant, les cambrioleurs appelaient les numéros de téléphone des maisons qu’ils souhaitaient visiter, pour vérifier si les occupants étaient présents ou non. C’était l’époque où les Français avaient encore des fixes. À l’heure du 2.0, ce sont désormais les réseaux sociaux qui peuvent vous trahir. Surtout si par imprudence, vous affichez fièrement des produits qui peuvent attirer la convoitise. C’est ce qui est arrivé en 2017 à un jeune homme en banlieue parisienne. Son péché mignon ? Les sneakers. Il en possède une cinquantaine de paires, patiemment collectionnées durant huit ans. Alors bien sûr, il les montre, notamment sur Instagram. Des Jordan Retro, des Yeezy, certaines peuvent monter jusqu’à 2 000 euros. Un soir, en rentrant chez eux, ses grands-parents, chez qui il habite, découvrent la maison forcée. Les précieuses chaussures du petit-fils ont disparu. « J’ai perdu entre 9 000 et 12 000 euros » se lamente-t-il. Il a fermé son compte Instagram.

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - D’UNE FENÊTRE À L’AUTRE

Deux problèmes se sont posés à moi au moment de la recherche d’idée pour ce fait divers. D’une part, comment montrer le passage du réseau social à l’acte de cambriolage en tant que tel, sachant que le réseau social appartient au monde virtuel et le cambriolage au monde réel ? Sortir du premier pour pénétrer dans le second, en quelque sorte. Et si le cambrioleur passe par une fenêtre pour entrer par effraction, il peut très bien sortir par une fenêtre – celle de l’écran du téléphone — pour sortir du réseau social. Ainsi le téléphone se fond dans le décor d’une banlieue paisible. Le cambrioleur relie directement le monde virtuel au monde réel de l’effraction, avec un pied dans l’un et une main dans l’autre. Il y a quelque chose du Passe-muraille de Marcel Aymé dans cette image. D’autre part, à quoi ressemble le cambrioleur ? L’illustration a cet avantage que l’on peut user facilement de clichés sans paraître exagérer. Alors allons-y franchement pour le cambrioleur : pull rayé façon Rapetou, silhouette noire façon Fantômette, casquette et pied de biche. Une demi-mesure n’aurait pas fonctionné. Il faut parfois pousser la caricature jusqu’à l’extrême pour créer avec le lecteur une sorte de connivence : il sait que j’exagère et que je fais confiance à son intelligence pour faire la part des choses. Entre « gens intelligents », on se comprend. Enfin, sur l’écran du téléphone, le logo du réseau social en question est clairement désigné.

 


Le prêtre amoureux n’était pas un ange

PAR TIMOTHÉE BOUTRY | 27 JANVIER 2018

Il était dit que cette histoire d’amour était prohibée. D’abord par la justice divine : le père Henri, fraîchement arrivé dans une paroisse des Bouches-du-Rhône, a noué petit à petit une relation charnelle avec une paroissienne dévouée, Lætitia, enseignante et mère séparée. La liaison clandestine s’installe dans le quotidien, en veillant à une discrétion absolue. Les amoureux vont quand même au cinéma, à des expositions, font des balades. Jusqu’à ce jour où en pleine église, le père s'emporte et sous l’effet de la colère, pour un motif futile, projette Lætitia au sol. Elle est blessée et c’est à la justice des hommes que le prêtre va cette fois-ci répondre. Il écope d’un rappel à la loi et est envoyé dans une autre paroisse. Dans cette nouvelle affectation, le père Henri est très apprécié. Lætitia, elle, a dû subir les regards réprobateurs de ses concitoyens.

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - QUELQUE CHOSE QUI CLOCHE

Certaines idées me viennent directement d’expressions ou de proverbes. En l’occurrence pour ce fait divers, j’ai rapidement axé ma réflexion sur le symbole de la cloche. La cloche se rapporte au clocher, qui se rapporte à l’église, qui se rapporte enfin au curé. Elle relie le Très-Haut au monde des hommes et de leurs péchés. Mais la cloche évoque aussi « les querelles de clocher », les histoires de Clochemerle, le roman satirique de Gabriel Chevallier, ou encore Le Petit monde de Don Camillo. Bref, grâce à toutes ces références, le lecteur comprend parfaitement ce que représente la cloche dans cette image. Restons dans le symbole. En amour, quand le cœur est brisé, rien ne va plus. Au village, rien ne va plus non plus. La cloche fendue sépare les âmes et, par la même occasion, les corps des deux amants. Elle les renvoie dos à dos, dans une attitude coupable. Suspicieux, les amants s’observent du coin de l’œil. Mais tous deux savent que le vrai jugement ne sera pas celui des hommes, car la scène se déroule dans le cœur même d’une église, avec en fond, trois voûtes symbolisant la Trinité, comme il se doit dans les meilleures images pieuses. Au final tout est rentré dans l’ordre ; le curé s’est fait sonner les cloches.

 


Les femmes cybermaltraitées

PAR PASCALE ÉGRÉ | 07 FÉVRIER 2018

Les violences faites aux femmes se sont imposées ces dernières années comme un sujet majeur dans la société française. Parmi elles, il est une catégorie en progression et contre laquelle les autorités ont beaucoup de mal à lutter : la cybermaltraitance. « Des violences peu et mal connues, peu prises au sérieux » et pourtant « massives » selon le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes dans un rapport publié en 2018. Le rapport pointe des dérives particulièrement inquiétantes, comme l’ampleur croissante du « cybercontrôle » dans le couple. L’exemple le plus rencontré est la géolocalisation du portable de l’épouse à son insu, qui peut avoir de graves conséquences quand celle-ci est mise à l’abri dans un logement secret et que le mari violent la retrouve. S’y ajoute le fléau croissant du revenge porn (publication d’images ou de vidéos sexuelles), l’usurpation d’identité... Pour lutter contre ce fléau, le Haut conseil a émis 28 recommandations.

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - LA FORCE DE LA SIMPLICITÉ

Quand j’entends parler de maltraitance des femmes, un mot me vient immédiatement à l’esprit : le mot « broyée ». Un seul mot peut parfois me suffire à trouver une idée. L’image de la femme broyée s’est imposée à moi, de façon précise, nette et j’ai voulu que le résultat soit simple et impactant, d’où le fond blanc sans décor, avec juste quelques éclats. Plutôt que de représenter l’homme en entier, j’ai choisi de le résumer à l’instrument de sa violence, la main. Une main grosse, épaisse, agressive, rouge, capable par la force de tout broyer, en l’occurrence, les femmes. Mais pas directement, car dans cet article, il s’agit de cybermaltraitance, autrement dit de maltraitance par le biais des smartphones et des réseaux sociaux. Qu’à cela ne tienne, le smartphone brisé témoigne encore plus de la violence de l’homme. La femme, emprisonnée dans son téléphone portable, ne peut que subir l’attaque foudroyante de la main qui se referme sur elle en fissurant son existence. Il est parfois des images simples qui en disent long. Quand j’arrive à ce degré d’efficacité graphique, je suis le plus heureux des illustrateurs... quel que soit le sujet.

 


Le rapt, l’arme en vogue du banditisme

PAR ÉRIC PELLETIER ET JÉRÉMIE PHAM-LÉ | 01 DÉCEMBRE 2018

Les enlèvements et séquestrations ont longtemps nourri la mythologie du banditisme le plus noir. Que ce soit au fin fond des villages de Sardaigne, en pleine guerre de la prohibition à Chicago, ou entre cartels de la drogue au Mexique, cette pratique d’une extrême violence paraissait éloignée de notre pays. Mais elle devient de plus en plus fréquente dans l’hexagone avec l’explosion et la généralisation du trafic de stupéfiants. Désormais pour régler leurs comptes, ravir un territoire ou récupérer des dettes, les trafiquants utilisent de plus en plus facilement tortures et enlèvements. En 2018, on estimait à 3 500 le nombre de séquestrations en France, un chiffre regroupant cependant une multitude de faits différents. « Faire souffrir, user de cruauté et humilier pour mieux dominer pour se venger, tels sont les objectifs recherchés» décrivait le procureur général de Grenoble dans cet article consacré aux nouvelles méthodes des voyous pour régler leurs conflits.

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - COMME DANS UN POLAR

J’ai choisi d’aborder cette illustration de façon descriptive. Cette fois, pas de métaphore, pas de référence particulière, simplement une description pure et simple qui montre bien la violence du fait divers en question. À la lecture d’un sujet, il me vient souvent à l’esprit un mot, une ambiance, une amorce de ce qui sera la base de ma réflexion pour trouver une idée. Cette fois, c’est le polar qui m’a tout de suite traversé l’esprit, une ambiance à la Thierry Jonquet. Le rapt se déroule dans les « quartiers sensibles ». J’ai composé l’image de telle sorte que tout nous ramène à la victime, malgré sa petite taille. Il est d’abord cerné par les agresseurs démesurément grands, puis par une barrière d’immeubles. Il n’existe aucune échappatoire possible pour lui. Le rouge du sang versé, telle une grosse larme, attire notre attention. Enfin, les mouvements « chorégraphiques » des agresseurs conduisent notre regard au centre parfait de l’image où se trouve la victime. Depuis leurs fenêtres, des silhouettes toutes identiques observent le déroulement des faits, comme autant de témoins. Notre point de vue en plongée est celui que l’on pourrait avoir depuis la fenêtre d’un des immeubles, nous reléguant ainsi au rang des témoins anonymes.

 


Les apprentis terroristes ciblaient la communauté gay

PAR JÉRÉMIE PHAM-LÉ | 04 DÉCEMBRE 2018

Ce jeune garçon a peut-être échappé au pire en allant porter plainte au commissariat en juin 2018, après avoir été contacté sur une application de rencontre de la communauté gay. L’échange avec un interlocuteur inquiétant lui a fait prendre peur. Les enquêteurs se penchent sur ce mystérieux personnage et tombent rapidement sur deux adolescents au profil très suspect. L’un des deux est déjà repéré par la DGSI pour des soupçons de radicalisation islamiste. L’enquête montre que fin mai, il avait cherché à entrer en contact avec de nombreux membres de la communauté gay. Dans quel but? Lui nie toute intention criminelle mais, en audition condamne l’homosexualité. Il est en lien avec un ami chez qui les policiers découvrent des armes artisanales dont certaines potentiellement dangereuses, mais aussi une bague frappée du symbole de Daech. Chez le premier, plus de 7 000 images d’exactions commises par l’État islamique ont été retrouvées. Ils ont été incarcérés.

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - LES COULEURS DE LA LIBERTÉ

La communauté gay et le terrorisme islamiste ont un point commun et un seul. Tous les deux ont un drapeau sous lequel on peut rapidement les identifier. La comparaison s’arrête là, mais en termes d’illustration, elle m’a permis d’enclencher le processus créatif. Mon illustration tournera autour de ces deux drapeaux que tout oppose, même graphiquement ; le premier est sombre et sinistre, alors que le second est coloré et plein de vie. Une telle opposition graphique est du pain béni pour un illustrateur. J’ai longtemps cherché comment je pouvais composer avec ces deux drapeaux : le noir recouvrant le coloré, le coloré taché de noir... Il manquait l’idée d’une communauté gay blessée. J’utilise beaucoup le dictionnaire des synonymes dans mes recherches d’idées. Pour le mot blesser, il y a fouler, piétiner... Et que piétine-t-on ? Le rainbow flag en forme de tapis, foulé par les deux terroristes cherchant à y planter leur drapeau, laisse échapper une flaque noire se répandant comme de la haine pure. Les deux terroristes ne forment qu’un avec le drapeau noir. Le fait divers mentionnait que l’un des deux avait fabriqué une sorte de canon à boule de pétanque. L’autre plante le drapeau, mais à y regarder de plus près, le tapis semble intact comme si, finalement rien ne pouvait l’abîmer.

 


Violence conjugale : victime et responsable ?

PAR GUILLAUME FROUIN | 05 JANVIER 2019

L’affaire à tous les aspects du dysfonctionnement ubuesque de l’administration. En 2018, la Commission d’indemnisation des victimes d’infraction (CIVI) avait estimé qu’une femme, grièvement blessée par son conjoint violent au Mans, était coresponsable des faits et ne pouvait prétendre à une indemnisation maximale. Comment en est-on arrivé à une telle décision ? Ce soir de 2013, victime une nouvelle fois des coups de son conjoint, cette femme avait appelé la police qui l’avait conduite à la gare pour se réfugier dans sa famille à Alençon. Mais faute de train et de solution de repli, elle est retournée à son domicile où son compagnon l’a défenestrée. Depuis, elle est paraplégique. Le Fonds d’indemnisation a estimé qu’en revenant chez elle, elle avait été imprudente. Médiatisée, l’affaire a fait réagir jusqu’au gouvernement. En appel, la victime a finalement obtenu l’année dernière l’indemnisation maximale.

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - FENÊTRE SUR COUR

Le mot terrible de défenestration a été le déclencheur de mon idée dans cette illustration. À la lecture de ce fait divers, j’ai tout de suite su que la fenêtre, ce passage entre le dehors et le dedans, entre ce qui se passe à l’intérieur et ce que l’on voit où ne voit pas de l’extérieur, serait l’élément central de mon dessin. J’ai voulu placer le lecteur dans la position désagréable de témoin de l’horreur. La scène qui se déroule ici, peut très bien se passer en face de chez vous. Que feriez-vous alors ? De cette fenêtre trop grande, la femme trop petite va inévitablement basculer. D’ailleurs, ses cheveux penchent déjà vers le vide. L’ombre démesurée de l’homme va s’abattre violemment sur la femme impuissante. Nous sommes au climax du drame, c’est le moment où tout bascule, « l’instant décisif » en quelque sorte. Dans cette ville fantôme, personne n’est là pour aider cette femme. Les portes closes des immeubles, les fenêtres aveugles, ont poussé la femme à revenir chez elle. Le rouge-sang des cheveux de la victime annonce déjà la couleur. Les lourds nuages gris verseront peut-être leur pluie pour laver les conséquences du drame.

 


Dix ans à attendre le procès de son agresseur

PAR TIMOTHÉE BOUTRY | 15 AVRIL 2019

C’est une des tares de notre système judiciaire : la lenteur des procédures, qui aboutit parfois à attendre pendant des années la tenue d’un procès. Une spécificité française pour laquelle l’État a déjà été condamné par des juridictions internationales. Un exemple parmi d’autres, Mathilde a ainsi attendu dix ans le procès de son agresseur. Cette lenteur concerne surtout les dossiers les plus complexes, confiés à des juges d’instruction, qui ne représentent que 5 % des enquêtes pénales. En moyenne, il faut 24,5 mois pour les boucler, auxquels il faut rajouter parfois un an pour organiser le procès. Malgré des tentatives de réforme, des magistrats reconnaissent s’être « habitués » à cette inertie. Une lenteur qui n’est pas seulement due aux défauts de l’administration : « la loi a donné de plus en plus de droits à toutes les parties, pour faire des demandes ou des recours » explique Jacky Coulon, secrétaire général de l’Union syndicale des magistrats.

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - L’IDÉE DANS L’IDÉE

Le concept du temps a beaucoup été représenté dans les arts graphiques, notamment dans la peinture, avec les vanités ou les natures mortes. J’ai commencé à regarder de ce côté pour trouver mon idée. Mais très vite ces allégories tragiques m’ont paru un peu trop exagérées pour ce cas où il n’est question que de « dix ans d’attente ». Du côté des symboles, il y a le sablier. Option intéressante mais rapidement écartée car la référence à la mort y est trop prégnante. Finalement, la représentation la plus évidente du temps est tout simplement la pendule. Mais, si la pendule nous parle du temps, elle ne nous dit rien de sa lenteur. Il a donc fallu trouver une idée dans l’idée. Comment montrer la lenteur du temps qui passe ? C’est en esquissant des aiguilles tordues que le tableau de Dali, La persistance de la mémoire, avec ses montres molles, s’est imposé à moi comme LA solution. Tout le reste de l’illustration a suivi ; la lourdeur de la procédure judiciaire, la balance de la justice et, sur les marches du palais, la femme assise attendant désespérément que le temps s’écoule. Je suis toujours étonné de voir comment une idée en amène une autre et comment, de bonds en rebonds, je retombe toujours sur mes pieds. C’est juste une question de temps.

 


Un gourou nommé Zeus

PAR LOUISE COLCOMBET | 23 SEPTEMBRE 2019

Il se faisait appeler Zeus, mais ce n’était pas par goût de la mythologie grecque. Claude Alonso devra bientôt répondre d’abus de faiblesse et de viols sur plusieurs femmes. Elles étaient toutes sous son emprise à Gujan-Mestras, sur le bassin d’Arcachon. Là, Zeus avait créé une petite communauté sectaire où ces femmes, baptisées du nom de déesses grecques, Hestia, Demeter ou Artemis, étaient réduites à l’état d’esclaves sexuelles. Il avait auparavant mis la main sur leurs maigres biens ou les avait obligées à contracter des prêts. Lors de soirées ubuesques, assis sur son trône, Zeus discourait des heures avant de contraindre sa petite cour à des bacchanales débridées. Un enfer finalement brisé par sa propre fille, dont il avait aussi abusé, qui a eu le courage de s’enfuir avec une amie pour dénoncer les faits.

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - UN DEUS EX MACHINA PAS BANAL

Qui dit Zeus, dit théâtre antique grec. Voilà pour le décor : une scène, des planches en bois, des colonnes, des amphores, une toile de fond en forme de temple et des motifs graphiques vaguement grecs. Le tout, plus ou moins branlant, sans volume, comme fabriqué en carton-pâte, et faisant à peine illusion. Qui pourrait croire à ce décor, sinon quelques personnes crédules, tombant dans le panneau ? Pour le personnage : Zeus en personne. Grand, fort, occupant toute la scène, en grand apparat, là encore à peine crédible, vêtu d’une toge blanche un peu trop courte, laissant apparaître un détail qui perturbe quand même le regard : les membres inférieurs du pseudo-Zeus. Sous le faux Zeus se cache le vrai satyre. On y verra, bien évidemment, toute la connotation sexuelle de cette représentation. Sans parler de la longue queue serpentant le sol. Trois femmes alignées, bras ballants, captivées du regard hypnotisant du gourou et incapables de lui échapper, tiennent le rôle de victimes sous emprise sectaire. La vue frontale nous place en tant que spectateurs d’une pièce de théâtre qui se joue à huis clos. La scène porterait à rire tant elle est grotesque. Si ce n’est que, comme dans le théâtre antique, le Deus ex Machina ne vient pas sauver ces femmes, mais en faire au contraire des victimes.

 


Révélations sur le projet d’assassinat d’une juge

PAR JEAN-MICHEL DÉCUGIS, ÉRIC PELLETIER ET JÉRÉMIE PHAM-LÊ | 26 SEPTEMBRE 2019

C’est l’un des piliers de la République, et s’attaquer à un de ses membres est d’une gravité extrême. La justice et ses magistrats sont théoriquement intouchables. Mais ils peuvent parfois être la cible de violences. Le projet fou d’assassinat d’une juge travaillant sur un dossier du grand banditisme a-t-il été enrayé par la police ? C’est en tout cas ce que pensent les enquêteurs chargés de ce dossier, où une magistrate pugnace faisait l’objet de discussions inquiétantes de la part de deux hommes liés au Milieu et placés sur écoute. Ils envisageaient clairement de recruter des hommes de main afin de provoquer un accident de scooter mortel. Arrêtés, les deux suspects ont nié toute intention criminelle. En 2019, la ministre de la Justice avait indiqué qu’une soixantaine d’agressions visent des magistrats ou des greffiers chaque année. En juin 2019, la présidente de la cour d’assises des Yvelines a été attaquée à son domicile.

Clod expose au Parisien

Le regard de Clod - CIBLER LE NON-ÉVÈNEMENT

Un projet d’assassinat n’est pas un assassinat. C’est ainsi que les choses se compliquent pour l’illustrateur qui doit trouver une idée. Comment représenter un évènement qui n’a pas eu lieu ? Raconter une histoire en une seule image suppose que le dessinateur fasse confiance au lecteur et lui laisse une part de liberté en lui laissant imaginer ce qui va se passer ou ce qui vient de se passer. Par exemple, dans le cas qui nous occupe, si l’illustrateur montre une arme à feu visant la juge, il y a de fortes chances pour que le lecteur comprenne que la magistrate va être assassinée. Heureusement, ce projet n’a jamais été mis en œuvre. C’est toute la difficulté de la représentation du non-évènement. L’arme pointée sur la juge est donc exclue. Reste le geste. Tout comme le mime fait le geste, mais pas l’action, la main vise mais ne tue pas. Il n’y a pas d’ambiguïté possible, le lecteur, imaginera la suite : les assassins ne feront pas couler le sang. Le non-évènement aura eu lieu. Fallait-il encore trouver une astuce graphique pour attirer l’œil du lecteur sur la personne visée et la représenter alors même que l’on ne connaît pas son visage. Ainsi, les cercles circonscrits de la cible convergent en un point rouge au centre de l’image : la tête de la magistrate, protégée par un casque de moto.

 


 

28 février 2020

Cartes postales Association des Bibliothécaires de France

Cartes postales Association des Bibliothécaires de France

À l’occasion des élections municipales, l’Association des Bibliothécaires de France interpelle les candidat·e·s aux élections municipales sur la place indispensable des bibliothèques dans les politiques publiques. Le support choit est la carte postale. Un jeu de quatre cartes sera distribué tout au long de la campagne électorale.

Carte postale Association des Bibliothécaires de France

Carte postale Association des Bibliothécaires de France

 

Carte postale Association des Bibliothécaires de France

Carte postale Association des Bibliothécaires de France

Cartes postales Association des Bibliothécaires de France

21 janvier 2020

Palissade chantier en Loire-Atlantique

Palissade chantier en Loire-Atlantique

180 mètres de palissade illustrée pour le gros chantier du centre ville de la commune de Sainte-Luce-sur-Loire dans l'agglo de Nantes Métropole, en Loire-Atlantique. De la vie, de l'animation, de la nature, de la gaité et de la bonne humeur sur 180 mètres. Aux manettes de la conception l'agence Liner Communication.

Illustration palissade chantiers à Sainte-Luce-sur-Loire en Loire-Atlantique

Illustration palissade chantiers à Sainte-Luce-sur-Loire en Loire-Atlantique

Illustration palissade chantiers à Sainte-Luce-sur-Loire en Loire-Atlantique

16 octobre 2019

Ville de Bagnolet

Ville de Bagnolet

Que faire de l'ancienne mairie de Bagnolet. La ville de Seine-Saint-Denis lance un appel à idées pour le devenir de la mairie historique. Le visuel est décliné en affichage public, sur le site de la mairie et les réseaux sociaux.

Affiche Appel à Idées pour la ville de Bagnolet

Affiche Appel à Idées pour la ville de Bagnolet

Affiche Appel à Idées pour la ville de Bagnolet

4 juin 2019

Magazine Panorama

Magazine Panorama

Dossier spécial "fête de la musique 2019" dans le magazine Panorama de juin. Quand elle se risque hors les murs, quand elle descend de son piédestal, quand elle ose la rencontre, la musique a une saveur particulière.

Clod illustration fête de la musique 2019 magazine Panorama

Clod illustration fête de la musique 2019 magazine Panorama

Clod illustration fête de la musique 2019 magazine Panorama

Clod illustration fête de la musique 2019 magazine Panorama

Clod illustration fête de la musique 2019 magazine Panorama

16 janvier 2019

Twitter France

Twitter France

Cette année, Twitter France fait la part belle aux illustrations pour son calendrier 2019. Un illustrateur différent par mois et pour le mois mai un spécial Roland Garros illustré avec poésie.

Clod illustration du mois de mai pour le calendrier 2019 de Twitter France

6 décembre 2018

Ville de Paris

Ville de Paris

Le médiateur de la Ville de Paris fait appel à l'illustration pour communiquer en représentant les Parisiens dans toute leur diversité.

Clod illustration pour le médiateur de la Ville de Paris

Clod illustration pour le médiateur de la Ville de Paris

Clod illustration pour le médiateur de la Ville de Paris

Clod illustration pour le médiateur de la Ville de Paris

Clod illustration pour le médiateur de la Ville de Paris

Clod illustration pour le médiateur de la Ville de Paris

6 décembre 2018

Ça m’intéresse

Ça m'intéresse

Ça m'intéresse s'intéresse aux différentes "pathologies" liées à l'hyperconnexion : selfite, nomophobie, phubbing, cybercondrie, ringxiety, smombisme... Tout est décrit dans Ça m'intéresse de décembre 2018.

Clod illustration pour Ça m'intéresse les maux liés à l'hyperconnexion

Clod illustration pour Ça m'intéresse les maux liés à l'hyperconnexion

Clod illustration pour Ça m'intéresse les maux liés à l'hyperconnexion

Clod illustration pour Ça m'intéresse les maux liés à l'hyperconnexion

7 novembre 2018

Trois questions graphiques

TROIS QUESTIONS GRAPHIQUES 

(sans réponses !)

Voici une série de considérations illustro-graphiques qui devraient ravir les créateurs d’images et plus spécialement les illustrateurs. Mais il se pourrait bien que le sujet permette au plus grand nombre de mieux comprendre comment fonctionne une illustration. Certaines questions graphiques trouvent des réponses avec l’expérience, le savoir-faire ou simplement par les choix personnels de l’illustrateur. Il existe aussi des questions pour lesquelles il n’y a pas de « vraies » réponses. En ce qui me concerne, lorsque je suis amené à réaliser une illustration, à peine le crayon posé sur le papier, trois questions surgissent systématiquement dans mon esprit et pour lesquelles je n’ai jamais trouvé de réponses définitives.Clod illustration blog trois questions graphiques sans réponseAvertissement ! Ce qui va suivre pourrait fortement instiller le doute dans le processus créatif des illustrateurs qui ne se posent pas toutes ces questions ! Pour les autres, vous pouvez y aller…

L'illustration trait pour trait

La première question, la plus simple à comprendre visuellement, concerne le trait. Vous savez cette ligne souvent noire, plus ou moins épaisse, qui donne un contour aux personnages ou aux choses dans un dessin. Les amateurs de Tintin verront très bien de quoi je parle. A noter au passage que l’on n’y prêtre pas attention, mais ce fameux trait n’existe pas dans la réalité. On appelle ça le dessin « au trait », sous-entendu avec des contours. C’est la manière la plus commune de faire un dessin, les enfants l’ont bien compris. A contrario, il existe une autre manière d’aborder l’illustration, une façon tout en aplats de couleurs et sans lignes de contour. Aucune des deux approches n’est meilleurs que l’autre, elles sont simplement différentes, mais dans mon esprit - plein d’aprioris - elles suggèrent des ressentis bien distincts. Pour moi, l’illustration « au trait » est inévitablement associée à la « bande dessinée » ou au « dessin de presse ». En revanche, l’illustration en aplats suggère à mon sens une approche qui se réfère plus au graphisme et se veut plus classieuse.

Clod illustration blog trois questions graphiques sans réponse

 

C’est absurde de voir les choses de façon aussi binaire, car une illustration au trait peut être classe – par exemples les illustrations de Loustal ou d’Avril - et une illustration en aplats peut parfaitement être grossière. Même si la plupart de mes illustrations sont en aplats, il m’arrive parfois de céder au contour. Mais au fond, je ne parviens pas vraiment à choisir, et à chaque illustration, je me pose la question. Il m’arrive alors en guise de compromis de mixer les deux, pour atteindre alors une sorte d’équilibre graphique qui me satisfait un peu sur le moment. Et puis, l’illustration suivante, rebelote ! Et ce, indépendamment des tendances graphiques qui poussent les illustrateurs à s’orienter dans un sens ou dans l’autre.

Clod illustration blog trois questions graphiques sans réponse

L’illustration sur les bords

J’ai pris conscience de cette question, à laquelle je me heurte à chaque illustration, il y a quelques mois seulement, quand un ami photographe m’a dit « c’est marrant, quasiment toutes tes illustrations sont des images ouvertes ! » J’ai acquiescé de la tête du style « je maîtrise mon processus créatif ! » mais je n’ai pas compris ce qu’il entendait par là sur le coup. Ça m’a quand même pas mal occupé l’esprit cette remarque, les jours suivants. Et puis j’ai fini par comprendre - c’est génial quand la petite lumière s’allume – il suggérait en fait que dans mes illustrations, les décors ou les personnages n’étaient pas coupés par le bord d’un cadre comme c’est le cas pour une photographie.

Clod illustration blog trois questions graphiques sans réponse

Et c’est vrai, allez savoir pourquoi, la plupart de mes illustrations sont à fond perdu sans coupure. Cette question du cadre, je me la posais inconsciemment à chaque création. Mine de rien « pour moi ça veut dire beaucoup ! » comme dit la chanson. L’image ouverte permet à l’air de circuler autour, elle est libre de tout contrainte formelle imposée par un cadre. En revanche l’illustration flotte, du coup elle a intérêt à être bien composée pour éviter que ce flottement se transforme en dérive graphique. L’image fermée est conditionnée par le cadre mais elle permet à l’illustrateur de réaliser des compositions graphiques que je qualifierais de « picturales », dignes des techniques de compositions des plus grands tableaux de peinture. Là encore, hésitant entre l’un et l’autre, j’ai trouvé une sorte de compromis graphique que j’applique quand et comme je peux.

Clod illustration blog trois questions graphiques sans réponse

 

L’illustration conceptuelle

Enfin, vient cette question plus abstraite que technique et qui concerne l’approche intellectuelle de l’illustration. Ne vous sauvez pas, c’est très simple ! C’est sans doute la question la plus difficile pour moi car elle ne supporte pas de compromis, il faut donc que je choisisse. Mon illustration doit-elle être « conceptuelle » ou « réaliste » ? Conceptuelle, c’est à dire toute orientée vers une idée et faisant fi des proportions, des perspectives, des couleurs réelles, bref de la réalité, du moins telle que la plupart de nous l’aperçoit. Réaliste, c’est à dire proche de la vraie vie, avec les personnages à la bonne taille, les proportions respectées qui fait que l’illustration donne une image assez proche de la réalité.

Clod illustration blog trois questions graphiques sans réponse

 

L’approche conceptuelle est de loin celle qui me semble la plus créative, elle permet tout, mais c’est la plus difficile à mettre en pratique car elle sort de rien d’existant, si je puis dire. L’image réaliste, plus simple à réaliser par le fait qu’elle se « contente » de reproduire la réalité, est sans doute plus accessible et parle au plus grand nombre. La première parle à notre cerveau, la seconde à notre cœur.

Trois questions et trois non-réponses. J’imagine que chacun dans son domaine se pose ses propres questions. Ce qui paraît évident pour l’un ne l’est évidemment pas pour l’autre. Il me semble enfin que, si c’est très agréable de trouver des réponses aux questions que l’on se pose, car elles nous donnent le sentiment de progresser, les questions sans réponses sont très certainement les plus intéressantes, parce qu’elles nous poussent toujours plus loin, à tout explorer.

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    9 octobre 2018

    Crédit Agricole

    Crédit Agricole

    Illustrations réalisées pour la lettre d'information des contrats d'assurance vie Floriane du Crédit Agricole, par mailing postal, sept. 2018.

    Clod illustration pour la lettre d'information contrat d'assurance vie Floriane du Crédit Agricole

    26 septembre 2018

    Que le croquis me croque

    QUE LE CROQUIS ME CROQUE

     

    Soyons clair, il n’existe pas deux façons de faire du croquis, il en existe des milliers. J’en veux pour preuve le magnifique livre De lignes en ligne*, où l’on peut admirer un échantillon de ce qui se fait en la matière. Il y a autant de manières différentes d’aborder le croquis qu’il y a de façon d’envisager le monde. Mais faire du croquis, ce n’est pas seulement dessiner, c’est l’occasion pour moi de réfléchir à la façon dont j’envisage mon métier. Et si aujourd’hui, si je prends énormément de plaisir à remplir des carnets, il n’en a pas été toujours ainsi.Quel est mon approche du croquis ? Comment la pratique du croquis me permet de réfléchir sur mon métier d'illustrateur ?

    On m’a toujours dit qu’il n’était pas envisageable de ne pas pratiquer le croquis si l’on souhaite exercer le métier d’illustrateur. Alors je m’y suis mis. Faire des croquis c’est bien, mais quels outils utiliser ? Crayon à papier, feutre, stylo, aquarelle ? Et surtout, QUOI dessiner ? Une autre question me taraudait : à quoi bon copier la réalité puisqu’en un clic on la capte en moins d’une seconde avec un appareil photo ? Franchement, j’ai longtemps trouvé ça ennuyeux, le croquis ! Je ne savais pas quoi croquer, j’étais mal installé dehors avec des carnets trop grands, des crayons trop petits, des badauds qui regardaient par-dessus mon épaule et l’impression de perdre mon temps alors que j’avais des commandes qui m’attendaient sur ma table à dessin. Mais bon, puisqu’il fallait faire des croquis…

     

    J’ai mis longtemps à comprendre que de représenter fidèlement la réalité ne m’intéressait pas, mais que l’idée que l’on se fait de cette réalité était beaucoup plus intéressante à mes yeux. A partir de ce moment-là, tout s’est décoincé. A présent, je vais donc à l’essentiel, je ne cherche pas à entrer dans le détail, je cherche les trois ou quatre éléments qui vont nous faire comprendre de quoi je parle. Ce qui m’importe c’est de créer une ambiance graphique. Je retrouve cette approche dans les miniatures ottomanes, quelques détails permettent la reconnaissance d’un personnage ou d’un lieu et laisse l’imagination du « regardeur » faire le reste. Je résume ce concept par cette phrase : ce n’est pas Paris qui m’intéresse mais l’idée de Paris - On pourra remplacer « Paris » par « Triffouilly-les-Alouettes » ou tout autre lieu ou chose qui vous intéresse de croquer.

    Côté pratique voici comment cela se passe : je commence grosso modo par ce que je vois devant moi, dans la vraie vie ou sur une photo, et très vite j’improvise une composition qui s’écarte de la réalité. Je pioche un élément du décor ici, un autre là, je complète par un motif graphique, je m’inspire aussi des représentations culturelles qui existent sur le sujet – arts décoratifs, couleurs, architectures – Je compose, je décompose, ainsi les éléments s’emboîtent les uns avec les autres et finissent par créer une « fausse » image de la réalité mais qui, dans l’esprit de celui qui regarde, correspond à l’image qu’il s’en fait. De telle sorte qu’aujourd’hui, je prends énormément de plaisir à dessiner.

    Quel est mon approche du croquis ? Comment la pratique du croquis me permet de réfléchir sur mon métier d'illustrateur ?

    Plus que des carnets de croquis, mes carnets sont des carnets de travail. J’y note des idées de projets, des idées graphiques, j’y dessine ou j’y colle tout un tas de petites choses que je glane ici ou là. J’essaie de tirer à moindre frais, l’essence graphique de ce que croque. Le carnet devient alors une sorte de catalogue de formes et d’idées qui me serviront ou pas pour mes illustrations. C’est bien connu que si l’on ne note pas ses idées, elles s’envolent. Quand je feuillette mes anciens carnets je me rends compte que j’ai oublié presque toutes les idées que j’y ai notées, la plupart ne valent rien d’ailleurs. Le temps permet de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises idées.

    J’ai aussi découvert avec l’expérience l’outil qui me va bien : les crayons de couleurs, que j’utilise rarement au-delà de trois couleurs, ce qui confère à mes croquis un aspect esthétique - du moins, j’espère ! - Là encore, peu importe la réalité, un cheval peut être bleu, un soleil vert, un chien jaune (vous y verrez sans doute des références).

    Quel est mon approche du croquis ? Comment la pratique du croquis me permet de réfléchir sur mon métier d'illustrateur ?

    Mais ce n’est pas tout ! Pour un illustrateur comme moi qui carbure à la commande - donc à la contrainte - le croquis représente une formidable possibilité de liberté, dessiner ce que je veux, comme je veux. Mieux encore, il me permet de tester des approches graphiques que je pourrai incorporer dans mon travail de commande. C’est là une vraie opportunité de prendre du recul et de réfléchir à mes choix graphiques.

    Enfin, le croquis m’oblige à prendre le temps. Se poser et observer ce qui m’entoure, s’imprégner d’un lieu, d’une photo, d’une culture. A l’heure où tout est urgent, il est urgent pour moi de préserver ces moments privilégiés. Paradoxalement, j’aime que mes croquis prennent forme rapidement, incapable de rester plus d’un quart d’heure sur un dessin. Lors d’une séance je peux remplir deux ou trois pages de mes carnets. C’est pour ainsi dire une parenthèse enchantée, la joie simple de renouer avec le temps.

    Quel est mon approche du croquis ? Comment la pratique du croquis me permet de réfléchir sur mon métier d'illustrateur ?

    Après quelques années de pratiques, je peux témoigner d’une chose : plus on dessine, plus on sait dessiner, mais plus on sait dessiner, moins on est libre, prisonnier de codes et réflexes graphiques. L’exercice du croquis permet, je l’espère, de s’extraire de cette équation complexe. De ce point de vue, il devient indispensable à un illustrateur de le pratiquer.

    (*) De lignes en ligne, Nicolas Barberon et Annaïg Plassard, éditions Eyrolles

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      13 septembre 2018

      Portes ouvertes des ateliers d’artistes de Bagnolet et Romainville

      Portes ouvertes des ateliers d'artistes de Bagnolet et Romainville

      Illustration réalisée pour l'affiche des Portes ouvertes des ateliers d'artistes de Bagnolet et Romainville. L'événement se déroule les 29 et 30 septembre 2018. En terme de communication l'événement est relayé durant tout le mois de septembre, sous différentes formes : affichage jcDecaux, programme, flyer, affichettes, cartes postales, annonces presse, bannières réseaux sociaux et site internet.

      Ateliers d'artistes de Romainville & Bagnolet

      Affiche Portes Ouvertes des Ateliers d'Artistes de Romainville & Bagnolet

      Affiche Portes Ouvertes des Ateliers d'Artistes de Romainville & Bagnolet

      Affiche Portes Ouvertes des Ateliers d'Artistes de Romainville & Bagnolet.

      Affiche Portes Ouvertes des Ateliers d'Artistes de Romainville & Bagnolet

      Affiche Portes Ouvertes des Ateliers d'Artistes de Romainville & Bagnolet

      20 juin 2018

      Le mouvement en trois temps

      LE MOUVEMENT EN TROIS TEMPS

       

      Si vous avez lu mes précédents articles, vous commencez à me connaître, vous savez que j’aime bien intellectualiser mon métier. C’est plus fort que moi, ça me vient comme ça, sous la douche pourrait-on dire. J’ai besoin de mettre des mots sur mon expérience pour la comprendre et en tirer le meilleur parti. Et parmi toutes les petites théories qui me traversent l’esprit, il y en a une que j’affectionne tout particulièrement parce qu’elle me permet d’avancer de façon efficace d’un point de vue professionnel au quotidien. Je la nomme : le mouvement !

      Clod illustration blog le mouvement en trois temps

       

      Le premier coup de pédale

      Le mouvement, c’est simple comme le vélo : vous donnez le premier coup de pédale et vous trouvez l’équilibre en prenant de la vitesse. Bon OK, pour le vélo c’est facile, vous ne vous posez même plus la question, mais pour le boulot, comment j’applique ce concept brumeux d’un point de vue pratique ? C’est facile, dès que je me trouve dans une impasse, je me mets « en mouvement ». Prenons quelques exemples concrets afin d’illustrer au mieux mon propos encore un peu abstrait, je vous l’accorde.

      Allez, roule ma poule !

      En illustration comme dans n’importe quelle activité, le plus dur c’est de commencer. J’ai rapidement compris que le secret de la page non-blanche c’est de poser le premier coup de crayon, ou de stylet comme on veut. Le reste vient tout seul finalement. Je note des tas d’idées d’illustration dans mes carnets, mais ces idées ne valent rien tant que le premier trait de crayon n’a pas été esquissé. Dernièrement j’ai développé un projet personnel sur le thème du vélo - j’adore le vélo, vous ne le saviez pas ? - J’ai ruminé l’idée des semaines, à réfléchir à comment je pouvais aborder le sujet, j’ai même commencé à chercher des livres sur le vélo pour trouver de l’inspiration, mais rien ne me semblait suffisamment intéressant pour commencer à développer le projet. Bref, j’étais dans une impasse. Un matin, j’ai décidé d’arrêter de cogiter et de me mettre au boulot - en mouvement comme dirait l’autre - j’ai pris une feuille, j’ai commencé par esquisser un vélo sans vraiment savoir où j’allais et tout s’est mis en branle. En moins d’une heure, j’ai trouvé non seulement la façon d’aborder graphiquement le sujet, mais j’ai aussi trouvé une finalité à ce projet. Le reste n’a été que développement. A ce jour, le projet vaut ce qu’il vaut, en tout cas il existe et qui sait ce qu’il en découlera. Commencer est le secret de l’action, si j’en crois mon expérience et le philosophe Alain.

      Circulez, il n’y a rien à voir !

      Mais c’est dans mes crises de doute les plus aigües que je trouve ma petite théorie très efficace. Inhérent aux métiers créatifs, le doute aime bien s’installer confortablement au fond de votre tête, dans la zone « artiste raté ». Il vous torture l’esprit, vous pousse vers des sommets d’angoisse pour mieux vous faire basculer dans des abîmes de désespoir, du genre : « ça y est, cette fois c’est la fin de ma carrière d’illustrateur, je suis nul… etc. » Vous voyez le tableau ? Dans ce moment-là, surtout ne pas rester comme une moule devant un Mac ou devant une page blanche. Ce n’est pas la peine d’insister, toute tentative de création s’avère être inutile. Il faut alors tout lâcher et partir faire un tour de vélo, marcher et voir autre chose. Il m’est arrivé parfois de perdre finalement une journée entière à ne pas vouloir la perdre, à butter sur une idée, bloqué sur une illustration, englué dans mes doutes. Ici encore le premier pas vers mon vélo, tout comme le premier coup de crayon, semble être la solution. Car Ô miracle, une fois en mouvement, tout finit par se débloquer au bout d'un moment.

      Le petit vélo dans la tête

      Il paraît que Steve Jobs prenait ses décisions importantes en marchant. Pour ma part, mes meilleures idées, je les ai eues en me déplaçant à pied, en vélo, en métro. Tout simplement parce que quand vous vous croyez que vous pensez à autre chose, et bien non, vous y pensez mais inconsciemment. Il n’est pas bien fichu le cerveau qui bosse pendant que vous vous baladez ? Être en mouvement n’empêche pas le cerveau de fonctionner, au contraire, il permet aux neurones de se connecter sans obstacles, libérés de toutes contraintes. Vous êtes en train de pédaler nonchalamment sur la piste cyclable de votre vie artistique, et là hop, surgit du fond de votre cervelle la solution à votre problème, et même parfois une idée géniale pour votre prochain projet personnel. Et puis, il est évident que plus vous allez à la rencontre du monde, plus vous nourrissez votre créativité.

      Essayez d’appliquer le concept du mouvement, au moment où tout vous semble bloqué, lorsque « tout-est-fichu-et-qu’il-ne-vous-reste-plus-qu’à-abandonner-toute-forme-de-projet-artistique-et-partir-mener-une-vie-détachée-de-tout-dans-une-cabane-au-fond-des-bois ! » Vous m’en direz des nouvelles. Ah oui, une dernière chose, être en mouvement c’est bien, mais il faut aussi savoir s’arrêter de temps en temps, histoire de reprendre un peu de souffle.

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        22 mai 2018

        Illustrateur à plein temps

        ILLUSTRATEUR À PLEIN TEMPS

         

        Quand je me balade en vélo, quand je cuisine ou quand j’achète une paire de chaussures, je suis illustrateur. Dis comme ça, c’est un peu bizarre, je vous l’accorde. Mais je suis sérieux ! Certains métiers se vivent à 100%. L’illustration en est un, en tout cas pour moi. Cela signifie pas qu’il ne reste plus de place pour le reste bien sûr, heureusement que je ne vis pas seulement pour mon métier. Non, je veux dire qu’en tant que créateur d’images, je porte un regard particulier sur tout ce que je fais, tout ce qui l’entoure et j’ai une certaine idée du mode de vie qui convient bien à ma créativité. C’est ce j’appelle être illustrateur à plein temps.Clod illustration blog illustrateur à plein temps

        Je suis illustrateur quand j’explore les villes

        J’aime les villes, les grandes villes. Elles sont pour moi une source inépuisable d’inspiration. Les couleurs, les typographies, la forme des constructions, la signalétique... New York, Madrid, Londres, Berlin, Istanbul, pour celles que j’ai eu la chance de visiter, et puis Paris, que j’aime par-dessus tout. Mais en s’écartant un peu des grands centres, il y a les périphéries, la banlieue, et particulièrement celle où je vis en Seine-Saint-Denis, en bordure de Paris. Dans les périphéries, pas de menteries et pas de faux décors, la « vraie » ville s’expose. C’est là que je dégotte de belles perles graphiques. Otez-vous de la tête toute idée de « beau ». Ce qui m’inspire ne relève pas du beau au sens commun du terme ; la texture d’un mur décrépi ou lézardé, une composition architecturale hasardeuse, une affiche déchirée ou taguée, la juxtaposition improbable de deux couleurs, la typo sur une vieille plaque rongée par la rouille, ou encore une tache sur le trottoir sont autant d’objets d'attention pour moi. Faut-il explorer la banlieue dans ses moindres recoins pour tomber sur ces petits riens dans lesquels je puise mon inspiration ? Je traverse à vélo les villes comme d’autres visitent des musées et de temps en temps, je vais quand même claquer la bise à la Joconde. Pourquoi s’en priver ?

        Je suis illustrateur quand je cuisine

        Je cuisine comme je dessine. C’est à dire, en autodidacte, mais pas seulement. Je ne suis pas de recette. Je connais bien les bases de la cuisine et les modes de cuisson, et à partir de là, j’y vais à l’inspiration. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la blanquette parfaite cuisinée à partir du livre Les bonnes recettes de la Mère Jeanne, mais « l’idée de la blanquette ». Qu’on puisse dire en la dégustant : « elle est bonne ta blanquette, mon pote ! » A y regarder de plus près, mes illustrations ne représentent pas non plus fidèlement la réalité, mais une idée de la réalité. Les éléments qui composent une illustration de Paris, donnent l’impression qu’on est à Paris. Je crée ainsi l’illusion dans laquelle le lecteur de mon image peut à loisir se plonger en fantasmant la réalité. Pour cette raison, j’évite le plus possible d’utiliser de la documentation, tout comme je n’utilise pas de recette pour cuisiner. Je vous parlerais bien volontiers de l’aspect graphique de ce que je cuisine, des formes et des couleurs, mais j’ai à cœur de garder secret mes recettes.

        Je suis illustrateur quand j’achète une paire de chaussure

        Sympa ce modèle en vitrine ! Ce n'est pas une paire de chaussures à la mode, ni un modèle que je serais le seul à porter. Le design de la chaussure attire surtout mon attention. J’ai besoin de sentir que derrière ce modèle exposé en vitrine, il y a un vrai travail de design, que des gens dont c’est le métier se sont cassés la tête pour que le modèle soit simple et élégant, on pourrait presque dire graphique. Oui c’est ça, j’ai besoin de sentir que le modèle est graphique. Là où l’on aurait pu se contenter d’un cuir lisse et noir, on a préféré choisir un cuir avec un certain grain et patiné. Ou le contraire, à condition que l’association avec la bande caoutchouteuse blanche qui entoure la chaussure à sa base soit du meilleurs goût. Je cherche dans la finition la preuve que le modèle a été réfléchi dans ses moindres détails. Et puis bien sûr le confort de la chaussure qui souvent a été tout aussi bien pensé que son design. Il en va de la paire de chaussure, comme de tout ce que je produis en illustration. Je suis attentif au moindre détail, j’ai envie de séduire avec mes illustrations, comme j’ai envie d’être séduit par la paire de chaussures qui me fait de l’œil en vitrine.

        Bon c’est vrai, je pousse un peu loin les associations d’idées dans ces exemples. Mais pas tant que ça au fond, car finalement, tout se passe assez naturellement pour moi. Alors quand j’ai fini de cuisiner, je chausse ma nouvelle paire de chaussures, j’enfourche mon vélo et pars faire un safari graphique dans les rues, en quête du détail que personne ne remarque et qui sera à l’origine de ma prochaine illustration. En somme, je suis illustrateur à plein temps.

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          12 avril 2018

          Bien se planter en illustration

          BIEN SE PLANTER EN ILLUSTRATION

           

          Je vais vous parler d’échecs, de plantages et de grosses gamelles. Mais laissez-moi d'abord vous raconter comment j’en suis venu à exercer le métier d’illustrateur suite à une succession d’échecs, aussi désagréables les uns que les autres, mais pour ma plus grande joie aujourd’hui, car figurez-vous, qu’entre mon premier échec et aujourd’hui, j’ai réalisé un sacré parcours.Clod illustration blog bien se planter en illustration

          Premier plantage

          Il faut vous dire que je suis autodidacte en tant qu’illustrateur. Mon BTS électrotechnique en poche, j’ai commencé à bosser en entreprise à 22 ans, convaincu que j’allais évoluer toute ma vie dans ce milieu professionnel. Mais force était de constater qu’au bout de quelques années je n’étais pas du tout, mais alors pas du tout à ma place. Clairement je m’étais trompé de voie. On peut dire que c’est mon premier gros ratage. Trois ans plus tard, un ami photographe à qui je confiais mes préoccupations, m’a suggéré : « Toi qui aime bien dessiner, tu n’as qu’à en faire ton métier ! » Ah oui tiens, je n’y avais pas pensé !

          Passionné de bande dessinée à l’époque, j’ai tout lâché pour me lancer là-dedans, sous la désapprobation angoissée de mon entourage. Comme je ne fais pas les choses à moitié, j’avais tout bien organisé. D’un côté je démarchais les agences de pub et les magazines pour essayer de gagner ma vie en réalisant des illustrations - au secours quand je revois aujourd’hui le book que je présentais à l’époque ! - De l’autre côté, je développais des projets d’albums de BD, ma véritable passion. Il m’a fallu une bonne dose d’inconscience et beaucoup de motivation, je m’en rends bien compte aujourd’hui.

          Je vous passe toutes les gamelles de projets refusés, les moments de découragement et l’ombre de l’artiste raté planant au-dessus de ma tête. Enfin, au bout de quelques années, je parviens à trouver des éditeurs et à sortir quelques albums. J’étais devenu « auteur de bande dessinée ».

          Deuxième plantage

          Pourtant, au fond de moi germait un sentiment désagréable. J’avais réalisé un rêve d’enfant et malgré tout je n’étais pas vraiment heureux. Je n’aimais pas vraiment dessiner des pages de BD, je trouvais ça long et fastidieux. Je ne me l’avouais pas bien sûr. Imaginez, un rêve de gosse brisé ! Deuxième gros plantage, bien difficile à vivre celui-là, avec un vrai sentiment d’échec bien comme il faut.

          Finalement au bout de deux ans - c’est long deux ans quand on mouline - je me suis rendu compte que je prenais plus de plaisir à réaliser des illustrations pour mes commandes que de dessiner des BD. Je me suis donc consacré exclusivement à l’illustration. J’ai surtout changé ma façon de voir les choses, ce que je considérais comme un échec, je l’ai regardé comme une étape dans ma carrière me permettant d’accéder à de nouvelles perspectives. Et pourquoi nos rêves ne changeraient-ils pas ? Bon sang comme cela a été libérateur !

          Les échecs aussi difficiles soient-ils à vivre me semblent à présent presque nécessaires, du moins inévitables, si je désire évoluer. Plus je tente, plus je m'expose et plus je prends le risque d’échouer. D’un autre côté, plus j'essaie, plus j'augmente mes chances d’avoir un succès. C’est une évidence, c’est mathématique. Échecs, succès, peu importe, ce qui me semble important c’est d’avancer, de ne pas m’ennuyer en restant sur place. D’ailleurs, je sens déjà que les choses vont évoluer pour moi, car je vois poindre le nez de mon prochain échec.

          Le sujet de cet article m’a été suggéré à la lecture d’un petit livre bien sympathique de Charles Pépin, « les vertus de l’échec » aux éditions Allary.

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            26 mars 2018

            Qu’est-ce que le talent créatif ?

            QU'EST-CE QUE LE TALENT CRÉATIF ?

             

            Il y a des sujets sur lesquels il vaut mieux éviter de me lancer, au risque d’y passer la nuit. Aussi, m’arrive-t-il souvent d'évoquer mon métier d’illustrateur. Inévitablement, au cours de la conversation, une même question revient : « il faut avoir un don pour faire ce boulot, non ? » Je vois bien que mon enthousiasme à parler de mon activité génère de l’envie, que mes interlocuteurs aimeraient bien eux aussi avoir un don, qu’ils aimeraient avoir « le talent » pour faire un métier créatif. Ça fait rêver, c’est sûr ! Je ne peux pas m’empêcher de penser alors à une fée tout droit sortie d’un film de Disney se penchant sur des berceaux pour transmettre « le don » d’un coup de baguette magique.

            Clod illustration blog 06 Qu'est-ce que le talent créatif ?

            Il y a quelques années, à la question du don, j’aurais répondu : le talent ça n’existe pas, pas plus que le don. Il y a ceux qui font les choses et ceux qui ne le font pas, c’est tout. Et hop, voilà la question réglée ! Je suis un peu existentialiste sur les bords, c’est vrai. Si j’en crois mon expérience de l’époque, tout se résumait à une question de volonté et de travail. Grosso modo, tu te lèves tôt, tu te couches tard et entre les deux, tu bosses comme un forcené. A force de bosser dur, tu finis par développer ce que l’on nomme usuellement le talent. Mouais… un peu simpliste comme façon de voir les choses.

            Clod illustration blog 06 Qu'est-ce que le talent créatif ?Le temps passant, j’ai un peu revu ma copie. Je rencontre souvent des étudiants destinés à travailler dans la création, des collègues illustrateurs aussi, ceux qui s’en sortent, ceux qui galèrent, ceux qui cartonnent. A chaque rencontre je pense : « lui c’est sûr, il a le truc » … ou pas. Ce que j’appelle le truc, c’est la passion, l’envie de tout voir, de tout comprendre, de tout essayer. Ça se sent tout de suite ces choses-là quand on discute avec quelqu'un !

            Clod illustration blog 06 Qu'est-ce que le talent créatif ?Le truc, la passion, le don, le talent, le feu sacré... appelez ça comme vous voulez, je l’ai en moi et il m’anime chaque matin. Je le sens bien vivant, dans mes motivations, mes doutes, dans mon impatience, dans le regard que je porte sur le monde. Je ne sais pas d’où il vient, je ne sais pas si je vais le garder, mais il est bien là en moi. Si vous êtes honnête avec vous-même, vous savez si vous aussi vous êtes habité par cette passion. Et qu'on se le dise, cela n’a absolument rien à voir avec un quelconque savoir-faire inné.

            Clod illustration blog 06 Qu'est-ce que le talent créatif ?

            Vous pouvez toujours apprendre toutes les techniques de création, tous les logiciels de graphisme, suivre toutes les formations du monde, vous pouvez même avoir de l’or dans les mains, dessiner comme un dieu, si vous n’avez pas la passion, vous n’irez pas très loin. Vous me permettrez cette petite métaphore (j’adore les métaphores), si le savoir-faire est une voiture et que la passion est du carburant, vous aurez beau avoir une Ferrari, sans carburant, vous n’irez nulle part. Par contre, si vous avez du carburant et que vous roulez en Ferrari, rien ne vous arrêtera.

            Clod illustration blog 06 Qu'est-ce que le talent créatif ?Je pense souvent à la phrase de Jacques Brel lorsqu’il disait « le talent, c’est d’avoir envie ». Je comprends parfaitement bien ce qu’il entendait par-là.

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              5 mars 2018

              Ceci n’est pas une illustration

              CECI N'EST PAS UNE ILLUSTRATION

               

              Chaque matin je passe un peu de temps à faire de la veille sur internet, histoire de voir si je suis encore dans le coup. J'observe les tendances en illustration, jette un oeil aux dernières réalisations des copains et regarde ce qu'il se passe du côté des agents. Chaque matin, je vois donc défiler un bon nombre d’images créées par des illustrateurs. Certaines sont très réussies, mais parmi elles, certaines ne sont pas des illustrations. Elles ne sont "que" de belles images, et c’est très bien comme ça.

              Clod illustration blog ceci n'est pas une illustration

              J'ai toujours eu un peu tendance à intellectualiser mon métier. On ne va pas sortir le dico, mais comme son nom l’indique, l’illustration illustre, un propos, une idée, un texte. Et quand un client me commande une illustration, concrètement, il me demande de répondre à un certain nombre de contraintes.

              D’abord il y a les contraintes de formes : couleurs, format, ambiance, style… etc. Puis vient les contraintes de fond, ce qu’il faut montrer ou ne pas montrer. Trouver « La » bonne idée, celle que tout le monde va comprendre au premier coup d’œil. Attention, l’illustration ne doit pas être redondante par rapport au texte. Il faut faire preuve d’imagination, être astucieux, car l’illustration se doit d’être la porte d’entrée du texte et parfois aller au-delà même du propos. Et puis bien sûr, ne pas choquer (souvent), ou le contraire (moins souvent), ne pas stigmatiser, être représentatif… etc. On marche sur des œufs dans cet exercice-là ! Voici ce que ça donne sur un exemple pour un magazine...

              Clod illustration blog ceci n'est pas une illustration

              Et je ne vous parle pas des contraintes que je m'impose tout seul, comme un grand. Car entre nous, pour chaque illustration, j’ai pour ambition secrète de réaliser le chef-d’œuvre graphique absolu dont on parlera encore dans cent ans (arrêtez de rire, svp !) Il est bon de rêver dans ce métier, et de garder l'espoir aussi !

              Bref, vous l’avez compris, il y a des contraintes, beaucoup de contraintes, ÉNORMÉMENT de contraintes, des contraintes qui peuvent vous paralyser et engluer votre créativité. Inutile de vous dire que je suis très souvent déçu quand je livre une illustration. Au final, je n’ai pas réussi à plier ma créativité aux formes des contraintes imposées. Mais je ne me décourage pas, à chaque projet je repars la fleur au fusil, sûr de gagner du terrain sur le front de la créativité graphique. J’y vais même en chantant pour tout dire. Certains soirs de grand doute, il m’arrive alors, en guise de défouloir, moi aussi de créer une image libre de contraintes, juste pour le plaisir de composer une belle image. Je te colle une couleur par-ci, une texture par-là, comme ça, pour rien, juste pour le plaisir graphique. Parfois je te glisse même une idée. Mais surtout, ZÉRO contrainte, c’est un peu ma cour de récré. Et là pour le coup, je respire, je suis satisfait. Facile !

              Clod illustration blog ceci n'est pas une illustration

              Mon avis est qu’une illustration peut parfois être une belle image, mais qu’une belle image ne fait pas forcément une illustration. Les bons illustrateurs, les Grands illustrateurs, sont ceux qui arrivent, à coup sûr, à faire rentrer toute leur créativité dans le petit interstice laissé par les contraintes, autrement dit à faire rentrer un éléphant dans un trou de souris. C’est un peu ce que je tente de faire modestement chaque jour et c’est ce que j’aime dans ce métier.

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                16 novembre 2017

                La question du style en illustration

                LA QUESTION DU STYLE EN ILLUSTRATION

                 

                Pour paraphraser un grand styliste, longtemps je me suis couché de bonne heure… mais hélas je ne m’endormais pas car je me posais la question du style. Je parle du style en illustration bien sûr. J’ai cogité une bonne quinzaine d’années sur la question, avant d’avoir eu, il y a quelques semaines, une sorte de révélation ; lève-toi et marche, Clod !

                J’ai toujours su, qu’il fallait avoir un style graphique suffisamment marqué, pour se distinguer des autres illustrateurs afin que l’on se dise en voyant une de mes illustrations : « Ah ça, c’est du Clod ! » Donc, dès le début j’ai bossé mon style. Mais alors, quel style choisir ?

                Au tout début, je me suis engagé vers l’expressionisme (allemand tant qu’à faire dans le fort). Parfait pour exprimer ses angoisses, moins pour présenter à une agence de com’. Je vous passe ensuite les évolutions graphiques, les cogitations stylistiques et les crises artistico-existentielles qui m’ont conduit à ce style que j’appelle le Néorétro, ambiance Trente Glorieuses, vous voyez le genre ? Entre parenthèses, style dont je tends à m’éloigner depuis quelques temps.

                Clod illustration pour Capital

                C’est alors que s’est posée une nouvelle question. Dans ma petite tête d’illustrateur penché sur sa Cintiq, je pensais que choisir un style revenait aussi à choisir avec qui travailler. Je m’explique : pour faire court, il y a des styles graphiques destinés à un public jeunesse, d’autres plus adaptés à des sujets d’actualité sérieux et tout ce qu’il y a entre les deux. Je me disais : « Soit tu fais dans la presse féminine, soit tu fais dans la com’ entreprise, soit tu fais dans la jeunesse… etc. Mais, arrête de t’éparpiller et CHOISIS ton style !!! »

                Mais choisir m’obligerait à renoncer à un certain nombre de mes boulots actuels. Entre mes illustrations pour le Parisien et celles pour l’Imagerie d’Epinal, il y a un monde. D’ailleurs, comment se fait-il que mes illustrations conviennent pour des supports si différents ? Comment, est-ce possible que le matin on me demande d’illustrer un article sur un réseau de pédophiles pour un grand quotidien, que l’après-midi j’illustre une lettre pour un produit du Crédit Agricole et que le soir je conçoive une couverture pour un roman jeunesse chez Milan ?

                J’en étais là de mes cogitations quand un client m’a fait une remarque à propos d’une de mes illustrations : « Comment se fait-il qu’on ait toujours envie de plonger les yeux fermés dans tes illustrations ? » C’est à ce moment précis que j’ai compris qu’au-delà du style graphique à proprement parler, quelque chose se dégageait de mes illustrations, quelque chose qui s’apparente à de la poésie, à une petite naïveté positive, à une fraicheur plaisante. Et que l’on soit à la rédaction d’un quotidien, responsable communication d’une grande banque ou éditeur jeunesse, peu importe mon style, c’est cela que l’on vient chercher.Finalement, le style est une belle maison d’architecte, elle peut être parfaite d’un point de vue esthétique, mais tant qu’elle reste inhabitée elle ne vaut rien.

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                  L'illustrateur vu de l'intérieur : lire les autres articles

                  4 septembre 2017

                  ILLUSTRER UN ARTICLE POUR LE PARISIEN

                  ILLUSTRER UN ARTICLE POUR LE PARISIEN

                  Travailler pour un grand quotidien tel que le Parisien est une expérience grisante et… stressante. J’adore ça !

                  Hier, 13h05, alors que je bosse tranquillement sur les illustrations pour un magazine, mon téléphone sonne. L’écran affiche « Le Parisien ». La tension monte d’un coup, tous les voyants sont aux rouges ; l’après-midi sera « Parisienne ».

                  C’est S., journaliste au Parisien. Il a un sujet « touchy » à illustrer, il me l’envoie par mail : « Science-Po a interrogé les djihadistes en prison pour comprendre le phénomène de radicalisation ». Au fur et à mesure que j’avance dans la lecture de l’article, des images naissent immédiatement dans mon esprit. C’est plutôt bon signe.

                  13h25, j’accepte le boulot. Je commence à gribouiller dans mon carnet, en tout une vingtaine de petits dessins que moi seul peux comprendre. Je cogite à plein régime.

                  13h52, je pense avoir trouvé une idée, je saute sur mon Mac pour voir si l’idée fonctionne graphiquement. La tension baisse d’un cran, j’ai une première idée et elle m’a l’air pas trop mal. Je planche immédiatement sur une deuxième idée.

                  14h25, j’arrive à pondre une seconde idée. Je laisse reposer cinq minutes, le temps de boire un café.

                  14h30, je regarde une dernière fois les deux esquisses avant de les envoyer au Parisien, incapable d’émettre le moindre jugement de valeur tant je n’ai pas de recul.

                  14h43, réponse du Parisien, telle quelle : « Banco sur l’idée 2 ». Nos échanges par mails sont courts, directs, sans fioritures, on n’a pas le temps. Ouf ! J’ai toujours peur de ne pas trouver La Bonne Idée. C’est seulement dans quelques semaines que je saurai si l’idée est bonne, si elle fonctionne graphiquement.

                  15h02, La DA me demande si en plus de l’illustration principale, je peux lui fournir trois vignettes pour animer l’article. La pression remonte à toute berzingue.

                  17h30, je boucle en couleur l’illustration principale de l’article. Pas le temps de réfléchir, je balance le fichier au Parisien, et commence à réfléchir pour les vignettes. Vue l’heure, je ne soumets même pas les idées aux journalistes, je finalise directement les illustrations. Je marche sur des œufs, mais les gens du Parisien sont souples, ils m’ont toujours fait confiance, avec eux je me sens libre.

                  17h37, « ok c’est bon ! », l’illustration principale est validée.

                  18h30, j’envoie les trois vignettes supplémentaires. Cinq minutes après, je reçois la réponde : « OK pour nous ».

                  18h45, j’ai réalisé quatre illustrations en couleur sur un sujet sensible dans l’après-midi. Je laisse tout en plan et je vais boire une bière au Café Martin, incapable de faire quoi que ce soit d’autre. La bière a le goût du travail accompli. La tension retombe complètement, je suis littéralement lessivé.

                  Ce matin, je passe acheter l’édition du jour du Parisien. Je feuillette rapidement les pages du quotidien jusqu’à ce que je tombe sur mon illustration. Horreur, je suis déçu comme à chaque fois, je ne vois que les défauts de mon travail. Je ferme rapidement le journal et passe prendre mon café au bistrot. Sur le comptoir, un exemplaire du Parisien est négligemment plié. Vu son état, il a sans doute déjà été beaucoup feuilleté. Un type arrive, commande son café, prend le journal, le parcours rapidement, passe la page où se trouve l’illustration en jetant un œil distrait sur l’article, il ne se doute de rien. Je ferme les yeux et savoure mon café, je suis heureux de faire ce métier.

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