L'illustrateur vu de l'intérieur : les vacances de l'illustrateur

Les vacances de l’illustrateur

Les vacances de l’illustrateur

 

L’été approche et les vacances avec. Comment un créatif en free-lance aborde-t-il les vacances ? La question parait bête, car les vacances, eh ben, c’est les vacances quoi ! La mer, le soleil, le repos… À tout bien considéré, les vacances du free-lance ne sont pas de tout repos, car derrière cette question se cache notamment la gestion du business et le besoin impérieux de créer. Pas évident alors d’avoir la bonne formule. Pour ma part, j’ai trouvé une sorte d’équilibre et je peux dire à présent que « je profite pleinement de mes vacances ! »

Clod blog, les vacances de l'illustrateur

Tout d’abord, je distingue l’aspect « free-lance » de l’aspect « créatif » du métier d’illustrateur. Durant les vacances, je ne réalise aucune commande, je ne prospecte pas, je n’alimente pas les réseaux sociaux et je ne réponds aux mails « urgents » que pour signifier que je ne suis pas disponible. En somme, la partie free-lance de mon activité se la coule douce sous le parasol, les doigts de pieds en éventail. Pour être certain de ne pas succomber à la tentation d’une commande alléchante qui fera de moi un homme riche ou une star incontestée de l’illustration, je n’emporte avec moi aucun matériel qui me permettrait de travailler sur un projet. Et tant pis si je ne deviens ni Crésus, ni Léonard De Vinci.

Encore faut-il, avant de partir, que j’aie bouclé toutes les commandes en cours et informé mes clients de mes dates de vacances, afin de ne planter personne. Voici alors venu le moment d’une vraie déconnection numérique et le plaisir d’un retour à la « vie réelle ». Contempler le monde en vrai et non plus à travers un écran, comme j’ai tendance à le faire tout au long de l’année ; je suppose que vous voyez de quoi je parle !

Si le free-lance profite pleinement de ses vacances, qu’en est-il de l’illustrateur qui somnole sous le parasol ? C’est là que nous allons parler de créativité et de façon de se ressourcer. Il s’agit, d’arriver à décrocher mentalement de toute forme d’injonction de résultat et de retrouver une sorte d’insouciance graphique qui nourrira les prochains mois d’activité professionnelle intense. De l’équilibrisme, je vous dis !

Il est difficile pour un créatif de ne pas être en éveil, à l’affut de tout ce qui pourrait susciter de l’inspiration et lui donner envie de créer. Cet état de veille permanente peut être, à la longue, fatigant… très fatigant. Les premiers jours de mes vacances, je me contente donc d’observer mon nouvel environnement. Je prends en photo ce qui attire mon attention : l’étiquette d’une bouteille, la forme d’un arbre, la porte d’une maison… Je m’imprègne du lieu, en prenant mon temps, sans forcer la créativité, car je sais que le moment viendra – ça peut prendre plusieurs jours – où je sortirai mes crayons et mon carnet de croquis.

Le croquis de vacances est un exercice très libérateur. Je croque sans désir de réussir quoi ce soit ; juste capter l’ambiance de ce qui m’entoure. Les heures filent alors entre mes doigts sans que j’essaie d’en retenir les secondes et je sors de là, apaisé. Notons au passage que mes croquis auront été non seulement inspirés par ce que j’observe sur place, mais aussi par mes lectures en cours que j’essaie de faire correspondre avec le lieu où je suis. A cet instant des vacances – je ne sais pas si vous me voyez encore – je suis loin, très loin des soucis du free-lance. Mais pas complètement.

Alors que le business ne semble plus qu’un vague souvenir, avec ses moments de stress dont je ne comprends ni le fondement ni la nécessité – c’est en tout cas ce qu’il me semble à ce moment-là – le temps est venu de faire le point sur mon activité professionnelle des derniers mois et de réfléchir à l’avenir. J’écris alors en cinq ou six lignes les quelques règles qui me permettrons de me tenir à mes choix et de recentrer mon énergie sur ce qui me semble essentiel à tout point de vue : stratégique, artistique et psychologique. Nous sommes alors à la veille de la reprise, je suis remonté comme une pendule qui sonnerait l’heure toutes les deux secondes.

Séparer le business de la créativité, déconnecter, reprendre contact avec le monde réel, se plonger dans l’imaginaire des livres, s’intéresser à ce qui m’entoure en dessinant, réfléchir et faire des choix essentiels pour l’avenir, voilà un programme de vacances bien chargé qui saura rebooster le free-lance et épanouir le créatif hyperactif. Sur ce, je vais préparer ma valise et je vous souhaite de bonnes vacances.

Merci à Marine du podcast La Cohorte qui, grâce à un de ses épisodes, m’aura donné à réfléchir à cette question des vacances.

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